202,73 kilomètres

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Grand Corps Malade disait que les histoires d'amours, c'était comme les voyages en train.

Va te faire soigner, l'infirme.

Ce type trouve une métaphore toute bidon et l'exploite jusqu'à l'usure, et on crie au génie. Elle est belle la culture.

Putain, c'est super simple, il a juste noté tout ce qu'il a vu pendant une excursion scolaire, et a essayé de foutre ça en rime.

Ouh, un quai de gare, Wah, des voyageurs, Cool, un contrôleur, qu'est-ce qu'il est beau le paysage...

Les voyages en train, c'est juste chiant. Surtout en première classe.

Pas de doute, j'dois être le seul smicard du wagon.

La présence de tout ces connards m'insupportent, mais, en même temps, j'ai plus de place pour mes jambes, et, comble du luxe, y'a des prises de courant.

Toujours la même lutte pour réussir à se poser sur l'une des trois seules places qui n'ont pas été réservées.

Et là, c'est pas comme pour les histoires d'amour. J'reste jamais sur le quai.

Détermination, ma gueule.

En fait, j'suis juste là pour les empêcher de passer un bon voyage. Pas besoin de faire de bruit, ma présence suffit.

Madame « J'ai jamais bossé j'vis aux crochets de mon mari cadre chez Danone » me regarde de travers, au taquet pour essayer de rencarder le « leur-leur » pour lui signifier la présence d'un individu qui n'a pas du se rendre compte qu'il voyageait parmi l'Elite au lieu de rejoindre le bétail stationné deux voitures plus loin.

Mais tac, j'te sors la p'tite ca-carte qui montre que j'fraude pas, pétasse, et en prime, j'réajuste mon keffieh, pour que tu le voies bien.

J'vois que j'suis pas le seul à pianoter sur mon p'tit clavier, Monsieur « Place 23 » rempli des tableaux. On est dimanche soir, gars, faut s'détendre. Et nan, ce n'est pas parce que tu n'as pas mis de cravate aujourd'hui que tu t'es suffisamment lâché.

J'suis pas en train de bosser mon tri, moi.

Route de la Garenne : QL 28

Rue Lacombe : QL 06

220 av. Jean Jaurès : QL 10, j'suis pas tombé dans l'panneau, avant le 200bis, tout le monde sait que c'est pour les QL 13 et 03.

Le métrosexuel à ma gauche jette des coups d'yeux furtifs dans l'espoir de lire ce que j'écris. J'tourne l'écran.

Merde, les RG m'ont assez suivi ces derniers temps, sans compter les bruits che-lous que faisait mon téléphone. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'étais sur écoute, car, sinon, demain, y'aura 4 mecs habillé à la Matrix en train d'attendre en bas de chez moi.

Voyage interminable, ce wagon est un colloque inter-minables.

J'me vois bien demander au couple places 33-35 quel métro il faut prendre depuis Saint-Lazare pour arriver dans le XVIème, puis j'me rappelle qu'ils ne doivent pas le savoir plus que moi, ils ne se déplacent qu'en taxi, ces gens-là.

En bas de l'échelle sociale, j'arrive à scier les barreaux sur lesquels j'ai à peine posé les mains, si j'cours pas après l'argent mais après les sentiments, c'est surement pas à la bonne place que j'me suis assis.

En fait, il avait raison, Grand Corps Malade.

Les histoires d'amour, c'est comme les voyages en train. A l'arrivée, j'me sens plus seul que jamais.

La prochaine fois, je prendrais l'bus.
# Posté le lundi 06 avril 2009 13:22

Accroche, Approche.

Accroche, Approche.
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En fait, j'devrais le savoir avec le temps, c'est toujours de trouver l'accroche le plus difficile. Après, tout sort tout seul, comme un tsunami qui t'arrache les cocotiers de l'hôtel trois étoiles du coin ou la patte du p'tit asiat' qui trainait dans les parages. Naufrage.

Après, tu peux sortir une belle citation d'un écrivain yougoslave, aussi connu qu'un footballeur de troisième division, en faisant croire que t'as réfléchi dessus, et inviter les autres à faire de même, alors que t'as juste fait un copier/coller sur www.citation.com parce que tu trouvais qu'elle avait de la gueule.

J'sais pas comment les autres débutent leurs blogs, j'ai même pas la curiosité d'aller voir, mais ça doit pas être super intéressant, encore le fruit de mon complexe de supériorité qui est en fait un complexe d'infériorité. Complexe.

Pourquoi pas foutre ta pomme en première page, avec un formulaire d'identité résultant d'une gardav' avec des Bisounours dans le rôle des flics. « Ce que je préfère : le chocolat »

Toujours prêt à tout pour se faire remarquer, le grand dilemme de ma vie, j'pourrais l'écrire sur ma pierre tombale, histoire de bien faire les choses jusqu'au bout.

Parfois, quand certains me regardent, j'ai l'impression qu'ils s'attendent juste à c'que j'dise ou fasse un truc débile. Et on peut pas dire que j'les déçois.

Ainsi va la vie quand on n'a pas le charisme et le physique qui va avec et qu'on recherche l'estime des siens, et j'peux te dire que ça attire des emmerdes, les gros costauds en face ou les mecs en costume-cravate dans le bureau du fond veulent souvent me dégommer, surtout après 4 ou 5 verres ou quand y'a une demoiselle à
impressionner. J'ai de graves problèmes psychiatriques.

Alors voilà, le plus simple, ça sera une présentation à la Orelsan (si tu connais pas, tape son blaze sur Youtube-Dailymotion) :


Fabien, 20 ans, célibataire, facteur, futur chômeur, sous pression, dépression, écrivain raté, vannes complètement foirées, toujours en quête de reconnaissance, et surtout pauvre type perdu d'avance.
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# Posté le lundi 06 avril 2009 13:12